Coupe de la Ligue : DAVID ET GOLIATH
30/12/2010
Handline n°309 - Spéciale Coupe de la Ligue Jeudi 30 décembre 2010 DAVID ET GOLIATH
On retiendra les larmes. Celles de Mayssa Pessoa. La portière de l’Arvor. Assise derrière le banc de touche quelques minutes à peine avant le terme de la demi-finale face à Toulon, les yeux fixés sur le tableau d’affichage. Saisie par l’émotion de constater que sa joyeuse bande de copine allait le faire. Se qualifier pour la première finale de l’histoire du club de l’Arvor 29 Pays de Brest. Un moment rare. Un plaisir que la troupe de Laurent Bezeau mérite plus que quiconque tant elle a brillé, enthousiasmé, régalé la foule depuis le quart de finale face à Fleury jusqu’à cette demi-finale époustouflante face à Toulon. Un bras de fer. Il n’y en a pas eu. Les Brestoises en ont décidé autrement. Ont sauté, dès l’entame, à la gorge d’un champion de France méconnaissable.
Comme mardi soir, rien ne semblait pourvoir résister à Gladys Boudan, Julija Portjanko et consors. Rien, non, ne leur était interdit. Habitées par une délicieuse fureur de vivre, les Bretonnes semblent en mesure de relever n’importe quel défi. Laurent Bezeau, quelques instants après cette qualification inédite, se réjouissait bien sûr d’avoir été à l’heure au rendez-vous. « L’équipe est en train de prendre forme. Les affinités se créent. Et Arvor, après seulement trois saisons dans l’élite, est en train d’écrire son histoire ». Mais le technicien breton n’a pourtant pas oublié de penser à la suite. « Metz... connaît très bien ce genre de rendez-vous. Une finale... Pour nous, c’est la première. Ce ne sont pas des matches comme les autres. Nous avons vingt ans de retard à rattraper ». Vingt ans. En une heure.
Renverser la montagne Il sera donc bien question de défi. Un défi complètement fou, jeudi soir, à Penfeld. Dans un dôme qui laisse déjà des souvenirs heureux. Mais qui en appelle forcement d’autres. C’est désormais Metz, le tenant du titre depuis six éditions qui se dresse devant la Bretagne toute entière. Une phalange lorraine qui s’est rassurée mercredi en proposant une copie sérieuse, solide, pour se défaire des Normandes du Havre qui les avaient pourtant dominées en championnat au cours de l’automne. Metz qui n’a qu’un souhait : briser le rêve de l’Arvor et convoler en juste noce avec un trophée qui lui a si peu souvent échappé.
Gladys Boudan, démoniaque depuis le début de la Coupe de la Ligue, avait les yeux brillants au crépuscule de la victoire sur Toulon et ne cachait pas que si les siennes parvenaient à conserver le jeu qu’elles ont produit face au champion de France, il y a sans doute l’espace pour réaliser un exploit. D’autres, ces dernières saisons, sont déjà parvenus à le faire. Mios, il y a deux ans, en Coupe de France, avait privé les Lorraines du triplé sur la scène hexagonale. Toulon s’était offert le scalp du champion en titre au printemps dernier avant d’enlever la couronne. Et, en son temps, Besançon ne s’était pas fait prier pour bousculer les certitudes et l’hégémonie de l’ensemble messin. Alors qui sait...
Handline n°309 - Spéciale Coupe de la Ligue Jeudi 30 décembre 2010